Martina Hirayama, secrétaire d’État à la formation, à la recherche et à l’innovation, a présenté dans le blog du Conseil suisse de la science (CSS) les trois principaux défis auxquels le système éducatif suisse devra faire face au cours des dix prochaines années.
La Suisse se distingue au niveau international par un taux de chômage et un chômage des jeunes très bas, grâce à un marché du travail dynamique et à une bonne adéquation entre les compétences disponibles et les besoins économiques. Un facteur de succès essentiel réside dans la formation professionnelle duale, qui permet d’acquérir des compétences pratiques directement adaptées aux exigences des entreprises. Pour garantir la pérennité de ce modèle, il est essentiel de préserver sa reconnaissance sociale, de maintenir son attractivité pour les jeunes et les familles et de veiller à ce que les investissements des entreprises dans la formation demeurent attrayants. La mise à jour continue des programmes de formation et l’intégration des compétences en intelligence artificielle (IA) sont indispensables pour préparer les jeunes au monde du travail de demain. L’initiative « Formation professionnelle 2030 » aborde les grands défis liés à la numérisation, à la mobilité professionnelle croissante et au changement démographique.
Le système éducatif suisse doit allier haute qualité et perméabilité. Aujourd’hui, presque chaque diplôme ouvre la voie à une formation complémentaire, horizontalement ou verticalement. De nouvelles passerelles peuvent être créées, mais elles doivent rester fondées sur l’aptitude, les compétences et les performances individuelles. La sélection demeure un élément essentiel, et les transitions doivent rester cohérentes avec les profils des filières suivantes.
Les hautes écoles suisses doivent continuer à développer leurs profils différenciés : les universités se concentrent sur la recherche fondamentale, l’excellence scientifique et les réseaux internationaux, tandis que les hautes écoles spécialisées favorisent l’innovation et la proximité avec le marché du travail. Les hautes écoles pédagogiques forment et perfectionnent les enseignants, contribuant ainsi à la cohérence du système. Ensemble, elles garantissent la perméabilité et la diversité du paysage de l’enseignement supérieur.
Les hautes écoles doivent relever plusieurs défis : exploiter les potentiels de l’IA dans la recherche, l’enseignement et l’administration, assurer leur stabilité financière, gérer les tensions géopolitiques et préserver la sécurité des connaissances. Elles doivent également intégrer des thèmes transversaux tels que la transformation numérique, le développement durable, l’égalité des chances et la coopération internationale.
La coopération et la concurrence entre les hautes écoles doivent être encouragées, car elles stimulent à la fois l’innovation et la qualité. Les synergies nationales doivent être mieux identifiées et exploitées tout en préservant l’autonomie institutionnelle, afin de maintenir la position internationale compétitive du système suisse.
L’excellence de la recherche et de l’innovation suisses repose aussi sur le Fonds national suisse (FNS) et Innosuisse, qui attribuent des financements compétitifs et influencent ainsi la définition des profils institutionnels. L’excellence implique non seulement la performance scientifique, mais aussi la résilience, l’ouverture, le dialogue avec la société et la capacité d’adaptation.
Enfin, le développement cohérent du système éducatif suisse, capable de répondre aux évolutions sociales, économiques, technologiques et géopolitiques, exige des efforts conjoints de la Confédération, des cantons et des partenaires sociaux. L’objectif est de garantir un système de formation de haute qualité, innovant et compétitif à long terme.